Bridgetower un jeune prodige metis - présentation


George Augustus Polgreen Bridgetower est né en 1778 à Biala en Pologne (certaines biographies donnent comme date le 29 février 1780), soit quasiment 2 siècles avant la virtuose et surdouée métisse Philippa Schuyler et 33 ans après un autre virtuose et violoniste métis : le Chevalier Saint-George, notons également que George Bridgetower voit le jour l'année où Mozart arrive à Paris (10 ans avant le Buffalo Bill métis Jim Beckwourth). Son père était un prince Africain et sa mère une polonaise, nommée à Londres Mary Ann Bridgetower. Ils ont eu deux enfants George et son frère cadet Fredrick. Les deux enfants se sont révélés, surdoués, des prodiges de la musique et des virtuoses hors norme.

George, le plus doué, est dès ses 9 ans considéré en Angleterre comme un véritable prodige du violon, son frère Fredrick est lui violoncelliste. Il a d’ailleurs dès 1789 effectué une tournée européenne et a, à partir de ce moment là, jouit d’une très grande popularité et reçu de nombreuses distinctions honorifiques.

Très jeune, George Bridgetower s’est produit dans un concert à Bath en présence du Roi George III et de 550 invités. Le Roi et le public sont littéralement tombés sous le charme du talent du jeune Bridgetower. Ce mémorable concert a eu un tel succès que la presse a encensé le jeune prodige comme peu de musiciens l’ont été.

Le journal « The Bath Morning Post » du 8 décembre 1789 a publié l’article suivant (traduction probablement imparfaite) :


Le jeune prince africain, dont les talents musicaux ont été tant commémorés, a donné dimanche matin, le concert plus apprécié et le plus splendide que cette ville n’ai jamais eu l’occasion d’accueillir. Il y avait plus de 550 personnes, et elles ont été gratifiées de telles performances au violon que l'étonnement général s’est emparé de l’assistance, au fur et à mesure que joie se lisait sur le visage du jeune garçon. Son père était dans la galerie, et fut tellement ému par les applaudissements accordés à son fils, que les larmes de plaisir et de gratitude ont coulées à profusion sur son visage.

Le journal « The Bath Chronicle” du 3 décembre 1789 rapportait :


Les amateurs de la musique de cette ville ont profité samedi dans les nouvelles salles du plus merveilleux spectacle imaginable du Maître Bridgetower dont l’interprétation a été exquise, son touché et son interprétation au violon sont égales, peut-être supérieur, au meilleur professeur actuel ou de tous les temps. Ceux qui ont eu ce bonheur ont été ravis par les capacités étonnantes de cet enfant merveilleux – agé d’environ dix ans. Il est un mulâtre et fils d’un prince africain.

George a passé la plupart de sa vie en Angleterre. Il a joué durant 14 ans dans l’orchestre du Prince au Pavillon Royal à Londres et a dirigé le prestigieux : « Royal Philharmonic Society Orchestra ». Mais ce qui reste le plus célèbre de son œuvre et de son existence est son association avec Ludwig van Beethoven. Ils se sont rencontrés alors que George Bridgetower avait 23 ans et leur collaboration a été miraculeuse.

Ludwig van Beethoven qualifiait George Bridgetower de la manière suivante :
Un virtuose très compétant possédant une maîtrise totale / complète de son instrument !
Beethoven a même composé pour (et un peu avec) Bridgetower un morceau « sur-mesure pour le violoniste » : sa sonate numéro 9. Mais suite à une dispute, la sonate alla à Rodolphe Kreutzer, qui, ironie de l'histoire, refusa de jouer cette partition : La sonate Kreutzer. Au final, c'est Bridgetower qui assura la première du chef d’œuvre, avec Beethoven au piano, le 24 mai 1803.

Beethoven l’a dédicacée au prodige métis sous l’appellation : « Sonata mulattica composta per il mullato ».

Une lettre de Beethoven à Bridgetower et une représentation miniature de Bridgetower ont été vendu 3.600 dollars chez Christie à Londres en 1973.

Bridgetower est décédé à Londres, le 20 février 1860. Pour de nombreux fans, il était et reste encore un violoniste polonais … Comme son contemporain le Docteur Fournier de Pescay est pour ne nombreux "incultes" une médecin français, fondateur de la société de médecine de bruxelle ...

Liens : Biographie de George BRIDGETOWER

6 commentaires:

Pierre a dit…

Mon Dieu, je ne savais pas qu'il y avait eu des noirs (enfin métis) dans les grands de la musique classique : merci beaucoup pour ces infos !

Apologie du Métissage a dit…

Bonjour Pierre

Et bien si, je pense que tu as vu les billets sur le Chevalier de Saint-George : présentation générale du Chevalier Saint-George

Anonyme a dit…

bonjour je m'étonne de voir une absence si je puis me permettre une telle formule! en effetquand je regade à humoriste connu et métis je suis stupéfait de ne pas retrouver l'humoriste le plus doué de sa génération autrement dit : mr dieudonné! pourtant si on parle de litérature l'un des auteurs auquel on reconnais le plus de talent ce nome céline !! et l'une de ces caractéristique n'est ce pas son antisémitisme!! d'autant que vous cité un personnage aux moeurs plus que douteuses : alexendre de médicis!! alors je m'étonne!!!

Les métis célèbres a dit…

Bonjour cher anonyme,

** toutes nos excuses pour la réponse tardive - vacances ... -

Vous avez raison de vous étonner de l'absence de Dieudonné sur ce site, il y a bien sûr sa place !

Il est prévu de présenter Dieudonné ici. C'est que le nombre de personnages à citer sur le blog de l'apologie du métissage approche l'infini :-)
Mais rassurez-vous Dieudonné sera sur les métis célèbres cette année.

Anonyme a dit…

Apparemment, Beethoven lui même aurait possiblement eu du sang maure.

http://www.black-feelings.com/accueil/detail-actualite/article/beethoven-etait-bel-et-bien-noir-trop-bon-trop-celebre-changeons-sa-couleur-de-peau-falsifi/

C'est fou!!

vive le métissage

terrain05 a dit…

Bonjour, Il y a aussi un autre métis célèbre en son temps c'est Louis-Julien Clarchies est un danseur et musicien français né à Curaçao le 22 décembre 1769 et mort à Paris le 25 décembre 1815.(mon ancêtre)

Excellent violoniste, élève d'Henri Capron et de Giuseppe Cambini, il fut le chef d'orchestre attitré des bals de la cour sous le Premier Empire et composa une trentaine de recueils de contredanses, valses, anglaises et sauteuses entre 1800 et sa mort.

Pour information,

Merci de ne pas l'oublier dans vos mémoires.
Respectueusement
Marie-Christine CINTAS

En accès direct, je vous propose ci-dessous une liste non exhaustive, par ordre chronologique, des premiers métis à s'être distingués entre le 16ième et le 19ième siècle !
Vous trouverez ci-dessous une liste de beautés métisses célèbres : mannequins, actrices, chanteuses, musiciennes ou les 4 en même temps qui rayonnent sur les 20ième et 21ième siècles.
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