Louis Delgres


Louis Delgrès est né le 2 août 1766, à Saint-Pierre en Martinique fils d’une martiniquaise Elisabeth Morin (l’histoire dit que c’était une mulâtresse) dite Guiby et de Louis Delgrès père, blanc martiniquais qui a été receveur du Roi et directeur des domaines du Roi à Tobago.



Capitaine charismatique de l’armée française, puis leader de la révolte guadeloupéenne du début du 19ième, il est décédé avec tous les honneurs le 28 mai 1802 à Grand Parc - Saint-Claude en Guadeloupe.
C'est donc un métis ou un quarteron (première génération si on peut dire) comme :
  • son cadet de 4 ans le Général Pétion, mulâtre haïtien qui s’est illustré dans l’histoire de l’indépendance d’Haïti (première république noire en 1804) et dans la vie politique de la jeune république haïtienne (il a été président),
  • son cadet de 5 ans le Docteur Fournier de Pescay, quarteron haïtien considéré comme le premier chirurgien noir.

    Louis Delgrès passe ses première années avec ses parents en Martinique puis à Tobago. Il reçoit une éducation de grande qualité, en effet, plus tard :
    un document officiel (daté de septembre 1799) précise qu'il est un excellent militaire et qu'il sait très bien lire, écrire et calculer.

Une brillante carrière militaire patriote, active et engagée au service de la France

Il entre dans la milice, le 10 novembre 1783, il est nommé sergent rapidement et à partir de ce moment là, sa carrière militaire est exemplaire : il gravit les échelons en participants à de nombreux événements et est fait prisonnier deux fois par les anglais (il aura même droit à un séjour en prison en Angleterre !).

Les principales étape de ce début de carrière exemplaire


  • Premier exile en Dominique après la prise du pouvoir par les royalistes en Martinique en septembre 1791.
  • Il participe ensuite aux élection des députés des Iles du vent à la Convention nationale en octobre 1792.
  • Il rejoint les rangs des républicains et monte à bord de la Félicité, le navire du Général Lacrosse et est dès alors élu provisoirement lieutenant en décembre 1792.
  • Ensuite, il sert sous les ordres de Rochambeau (cruel Général de Napoléon qui sévira également en Haïti, il est cité sur ce blog dans le billet consacré à Pétion – Extrait d’une pièce de théâtre de Jean Métellus : Le pont rouge) et est nommé, grâce à ses qualités, capitaine à titre provisoire.
  • Capturé par les Anglais lors de la prise de la colonie en mars 1794, il est déporté en France, arrive à Brest, et reçoit son brevet de lieutenant, lors de la formation du Bataillon des Antilles, le 27 novembre 1794.
  • Retour dans les caraïbes, en Guadeloupe, en compagnie des commissaires de la Convention Goyraud et Lebas en janvier 1795.
  • Il part dans la foulée à la reconquête de Sainte-Lucie en mars 1795 et se distingue dans cette campagne où sa bravoure et son sens du stratège sont salués mais il est grièvement blessé, le 22 avril 1795.
  • Il hisse quand même le drapeau tricolore au morne Rabot, le 19 juin suivant et est nommé capitaine par Goyraud, le 25 juin 1795.
  • Le lendemain, il embarque pour Saint-Vincent, où il combat aux côtés des Garifunas (métis amérindiens Caraïbes noirs).
  • Mais il est à nouveau fait prisonnier par les Anglais en 1796 et passe quasiment un ans dans les prisons britanniques. Il fini par être échangé et est de retour en France, au Havre le 21 septembre 1797.
  • Il passe ensuite quelque temps garnison à Rouen puis est envoyé à l'île d'Aix où il retrouve Magloire Pélage.

Un retour définitif dans les Antilles : en Guadeloupe

Il prend un congé mérité à partir de septembre 1799 à Paris. Le 1er octobre, il est nommé chef de bataillon et doit accompagner des agents haut placés de la Convention en Guadeloupe. Mais il refuse car l’armé traîne pour lui payer des arriérés de solde qui lui sont dus. Il obtient gain de cause et Victor Hugues fini par lui faire une avance (chance que n’aura pas son aîné le Général Dumas – Davy-de la Pailleterie quelques années plus tard, cf. plus loin …) et embarque à nouveau pour les caraïbes en novembre 1799.

Il est de retour dans les Antilles, en Guadeloupe le 11 décembre 1799 : c’est à cette époque qu’il commence à changer, il va passer petit à petit d’un rang de Capitaine très apprécié par l’armée française, à celui d’un des pire cauchemars de Napoléon.

Il continue son chemin et est tout à tour, aide de camp de Baco, puis du Capitaine-Général Jean-Baptiste Raymond de Lacrosse. Il commence à se rebeller, à tel point que ce dernier le qualifie de « sans-culotte » pour qualifier son engagement révolutionnaire.

Il reste cependant fidèle à Lacrosse qu’il accompagne pour calmer l'insurrection « rebelle » du 21 octobre.

Un revirement pour la cause noire

Lorsque Lacrosse est emprisonné par les officiers rebelles le 24 octobre, il se rallie à eux et prend petit à petit le pouvoir : il est nommé chef de la place de Basse-Terre par le Général Magloire Pélage.

Il incarne à partir de ce moment la révolte des « colonies françaises » et devient comme ses congénères haïtiens un des emblèmes de la lutte pour la liberté contre Napoléon.
  1. Le 5 janvier 1802, il destitue les fonctionnaires blancs accusés de correspondre avec le Général Lacrosse en exil.

  2. Deux jours plus tard, il devient chef de l'arrondissement de Basse-Terre.

  3. Les 15-16 février, en collaboration avec le Capitaine Massoteau, il fait arrêter des officiers blancs.

  4. A partir du 10 mai 1802, dans la région de Basse-Terre il est le chef de la résistance contre les troupes Consulaires du Général Richepance, envoyées par Napoléon pour rétablir l'esclavage.

  5. Le 20 Mai, lui et ses troupes sont obligés de se replier au Fort de Basse-Terre, mais ils doivent abandonner le fort le 22 Mai et se réfugier au pied de la Soufrière à Matouba vers Saint-Claude.

Le 28 Mai 1802, se voyant perdu, Delgrès et ses 300 compagnons se suicident à l'explosif dans leur refuge de l' habitation Danglemont à Matouba, respectant ainsi la devise révolutionnaire «Vivre libre ou mourir». Ainsi, 2 ans avant l’indépendance d’Haïti menée par Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, le mulâtre Alexandre Pétion et le Général Christophe, Louis Delgrès et ses troupes se sont suicidés pour ne pas s’avouer vaincu et ne pas retourner à la servilité !

C’est un des actes de bravoure les plus marquants de « l’histoire des colonies » !

En 2002, son sacrifice a été commémoré par la création d’un timbre à son effigie et par la mise en place d’une stèle au Fort qui porte dorénavant le nom de Fort Delgrès.

Delgrès avait fait afficher à Basse-Terre une proclamation adressée à « l’univers entier » dans laquelle il poussait « le cri de l’innocence et du désespoir ».


« La résistance à l'oppression est un droit naturel. La Divinité même ne peut-être offensée que nous défendions notre cause: elle est celle de la justice, de l'humanité. Nous ne la souillerons pas par l'ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive, mais nous ne deviendrons jamais des agresseurs.»

Signé : Le colonel d'Infanterie, commandant en chef de la force armée de Basse-Terre, "Louis DELGRES"

Pour bien comprendre la situation de l’époque et le calvaire qu’on vécut les officiers noirs et métis (le Chevalier de Saint-Georges, Alexandre Dumas père, Alexandre Pétion et Louis Delgrès pour les plus connus) de l’armée française, le texte ci-dessous reprend mots pour mots les commentaires réalistes et cinglants de l’écrivain franco-guadeloupéen Claude Ribbe :


Le 28 mai 1802, à la Guadeloupe, le commandant Louis Delgrès et ses compagnons, pensant avec raison qu'on ne les laisserait pas vivre libres préférèrent mourir. Le lendemain, 29 mai 1802, Napoléon Bonaparte excluait de l'armée française les officiers de couleur, comme en d'autres temps on s'en prendrait aux officiers juifs. Cette mesure d'épuration raciale fut appliquée jusqu'aux élèves de l'Ecole polytechnique. Elle frappa douze généraux dont Toussaint Louverture et Alexandre
Dumas
. Le 2 juillet 1802, les frontières de la France se fermèrent aux hommes et aux femmes de couleur, même libres. L'année suivante, le 8 janvier 1803, quelques semaines avant que le Général Toussaint Louverture n'expire, privé de soins, dans la citadelle la plus glaciale de France, les mariages furent proscrits entre fiancés dont la couleur de peau était différente.

Bonaparte s'acharna, allant jusqu'à refuser de payer au Général
Dumas (Alexandre Davy de la Pailleterie)
un arriéré de solde qu'il lui devait pourtant. Le héros, trop sensible, mourut de chagrin en 1806. Sa veuve, sans ressources, qualifiée de «femme de couleur» pour avoir épousé un ancien esclave, n'eut droit à aucune pension. Le jeune orphelin (Alexandre Dumas) n'alla pas au lycée. Le général Dumas ne fut jamais décoré, même à titre posthume. Les généraux de couleur n'avaient pas droit à la Légion d'honneur.

Alors faut-il s'étonner si la statue du Général Dumas, abattue par les nazis en 1943, n'est toujours pas remise à sa place ?

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne comprend vraiment pas l'interet d'un tel site! quel est la définition du métisse?? j'aimerai bien le savoir. Un enfant dont un parent est noir, l'autre, blanc comme vous semblez le pensez??

pourquoi faire l'apologie de quelque chose qui devrait être spontané!

je pense que votre posture n'est pas claire, mais elle s'inscrit dans une mode qui ne repose sur rien de reflechi ni de constructif!

Etre métisse n'est pas plus beau ou plus gratifiant que d'être noir, jaune ou blanc...cessez donc de définir les gens par leur couleur...ça ferait avancer les choses!

Admin a dit…

Pour ce qui est de la définition du mot « métis », je vous laisse consulter les dictionnaires.

Je ne vois pas en quoi il est désobligeant de faire l’apologie du métissage, en tant que métis, je considère que le métissage est une bonne chose pour la société. Ma posture est très claire et je souhaite simplement louer les bienfaits du métissage à travers ce blog consacré aux métisses et métis célèbres.

Pour ce que vous semblez considérer comme une mode, être métis pour moi n’en est pas une, c’est simplement ma nature depuis ma naissance.

Au sujet des derniers points, je suis bien sûr d’accord avec vous : être métis n’est pas plus gratifiant que d’être noir, arabe, jaune ou blanc, mais je n’ai jamais dit ça !

Et pour finir, dans ce blog les personnalités sont définis par disciplines ou métiers (Ecrivains, Acteurs, Musiciens, Politiques, Militaires, etc.).

Enfin l’objet de ce site n’est absolument pas polémique, il rend hommage à de grandes personnalités de tous les temps, et je suis déçu qu’il puisse être vu comme tel.

Anonyme a dit…

Je n'ai jamais vu de site aussi insultant pour la race humaine et avilissant pour nos esprits. On crie au racisme quand les blancs et les noirs font l'apologie de la couleur blanche ou noir. Je lis :"Le blog de l'Apologie du Métissage." Que penser de ça?

Vous voulez-faire parler de vous messieurs, mesdames? Evoquez le métissage culturel et vous passerez pour des personnes intelligentes.

Merci d'apporter de l'eau au moulin de la discrimination raciale. Vous faites pitié.

Un métis qui a honte de ce site!!!

L'Apologie du Métissage a dit…

A deux anonymes :«au métis qui a honte de ce site» et à celui qui nous reproche de définir les gens par leur couleur, une lectrice a commencé à vous répondre sur l’article consacré à Sean Paul et je l’en remercie.
Ce que je peux vous dire moi, c’est que l’Apologie du Métissage c’est l’apologie de l’amour et de la fraternité, l’apologie de l’ouverture d’esprit et de la mixité et surtout l’apologie de la race humaine : il n’y a rien d’insultant pour la race humaine ni d’avilissant pour nos esprits sur le blog des métis célèbres.

D’autre part, vous n’avez pas du lire vraiment les différents articles, ou regarder les photos et vidéos. L’Apologie du Métissage ne fait l’apologie d’aucune couleur. Sur les métis célèbres, vous trouvez des métis plutôt noir, ou en tout cas foncés (comme Frederick Douglass, Jean-Baptiste Pointe de Sable, Joséphine Baker, Yannick Noah, Jean Tigana, Boris Diaw ou bien d’autres) mais aussi d’autres quasiment blancs (comme Cindy Breakspear, Ingrid Jacquemod qui est blonde, Alexandre Dumas, Yelena Noah, Joachim Noah, Wentworth Miller, Sean Paul, etc.) ! Ce site est l’opposé d’un site qui apporte de l’eau au moulin de la discrimination raciale, il ne fait que lister des personnes célèbres issu du métissage et qui ont donc plusieurs origines comme le dit la première lectrice qui vous a répondu.

Pour ce qui est du métissage culturel, il est largement loué ou évoqué sur ce site, toutes les célébrités ou légendes métis(ses) présentent sur ce site incarnent le métissage culturel et pas uniquement biologique : par exemple lisez les articles sur Ben Harper, sur Joaquim de Noah qui se qualifie de Vicking Africain, sur Wentworth Miller ou sur le peintre cubain Wifredo Lam.

Nous ne faisons pitié à personne mais nous sommes particulièrement désolé que vous n’ayez pas compris.

James a dit…

Je tiens premièrement à féliciter les auteurs de site que je trouve non seulement riche et bien pensé mais aussi et surtout utile pour les jeunes gens de couleurs métis ou noir.
J'avoue avoir été choqué par deux commentaires. Premièrement le métissage est loin d'être quelque chose de spontané même si je pense qu'il devrait l'être. Il faut arrêter de se voiler la face, la couleur de peau en 2007 est encore et probablement de manière plus pernicieuse qu'avant un réel problème de société et j'estime qu'un tel site tout à fait pertinent à notre époque.
Par ailleurs ce site ne ne fait pas l'apologie du métissage par rapport aux noirs, aux jaunes ou aux blancs, il édifie une liste de personnalités métisses au parcours intéressant. J'aurais aimé que l'on me dise au collège et au lycée qu'Alexandre Dumas était métis mais aucun de mes professeurs ne m'en en a jamais parlé et je pense qu'encore aujourd'hui bon nombre de personnes l'ignore...

Pour ce qui concerne le commentaire du "métis qui a honte de ce site", je pense tout simplement qu'il n'a rien compris au message délivré par ce site. En aucun cas faire l'apologie du métissage apporte de "l'eau au moulin de la discrimination raciale" bien au contraire il glorifie le mélange des races et par celà est un hymne à la tolérance et au respect les uns des autres. Je pense que le commentaire de ce lecteur est lié au fait qu'il soit particulièrement complexé ou particulièrement con pour ne pas dire les deux à la fois.
Je pense que c'est lui qui fait pitié et je lui conseillerais à l'avenir d'aller surfer sur des blogs qu'il soit à même de comprendre...

Un métis fier de ce site!!!

LeMétis a dit…

James : MERCI

Anonyme a dit…

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